Conseils pour les futurs cubes (ou khûbes)

Témoignage sur mon année de 5/2

Par Valentine Labous — élève en prépa PC* au lycée Michelet — juillet 2026

Introduction

Parce que je trouvais que cela manquait cruellement, et parce que j'en avais marre de ne voir que des garçons parler de leur 5/2 d'un point de vue purement stratégique et méthodologique, voici un compte rendu honnête de ce que j'aurais aimé savoir avant ma 5/2.

Avant de commencer, je vais juste me présenter, histoire que vous cerniez un peu le personnage. Élève en prépa PC* au lycée Michelet, j'ai fait le choix de cuber l'année dernière, en juin 2025. Je suis une élève travailleuse, sans vraiment de talent ni d'intuition mais assez déterminée. J'aime avoir le contrôle sur la situation et la classe préparatoire m'a souvent déstabilisée. Habituée aux bonnes notes depuis le collège, je ne m'attendais pas à perdre autant mes moyens en prépa. Je sais que ce n'est pas le cas pour tout le monde — et heureusement — mais je tiens à témoigner parce que je suis persuadée que je ne suis pas la seule, surtout en tant que fille dans un milieu si masculin. En parlant autour de moi, j'ai compris que souvent, ceux qui parlaient de la prépa (je pense notamment aux vidéos Youtube « reveal des résultats aux concours », « reveal de mes notes à l'X ») sont surtout des gens qui sont très à l'aise avec le système des classes préparatoires. Ce n'était pas mon cas et je voulais apporter de la représentation aux gens comme moi qui comptaient peut-être cuber, histoire de redonner un peu d'espoir !

Je vais essayer de structurer ma pensée en plusieurs parties et j'espère que ce compte rendu sera le plus complet possible, je vais ainsi faire en sorte de répondre aux questions pour lesquelles la Valentine d'il y a un an aurait voulu des réponses.

1. Prendre la décision

Situation personnelle

Premièrement, j'aimerais poser quelques bases en commençant par mon choix et ma situation personnelle.

En PCSI et en 3/2 j'avais beaucoup de lacunes dans à peu près toutes les matières, seulement, en 3/2, j'ai beaucoup progressé en physique et suis passée du top 30 sur 40 en PCSI au top 8 en deuxième semestre de 3/2. De même, j'ai progressé en français et j'ai également atteint le top 5 de la classe. En maths et en chimie par contre j'étais larguée (top 35 environ dans les deux matières).

Il faut savoir que j'étais une 3/2 très anxieuse et que j'avais vite tendance à me laisser manger par mon stress, aux écrits ça n'a pas loupé, j'ai beaucoup paniqué sur le concours Centrale et me suis retrouvée admissible à aucune centrale : le problème étant que non seulement j'avais eu des mauvaises notes dans mes matières faibles mais également dans mes matières fortes (physique et français). Aux Mines, j'étais passée très proche de la barre d'admissibilité des grandes Mines (419 obtenus et 420 pour passer la barre). Bref, aux résultats des écrits j'étais déçue de moi car je suis très travailleuse et j'avais donc l'impression d'avoir perdu deux ans de ma vie à travailler pour rien.

Avant les oraux, j'avais quand même beaucoup travaillé et j'ai beaucoup progressé à ce moment-là, j'ai notamment pris conscience de certains points faibles mais j'avais l'impression que mes progrès n'allaient me servir à rien si j'intégrais. Alors, la 5/2 me paraissait inévitable car j'étais trop frustrée de ne pas avoir pu exploiter mes progrès (vous me direz, j'aurais peut-être pu me débrouiller pour comprendre plus de trucs avant les écrits mais soit...).

Au moment des oraux, je m'en suis plutôt bien sortie à CCINP et moins bien aux mines télécom et je me suis retrouvée avec les Mines de Saint-Étienne cursus ISMIN (donc beaucoup d'info la première année, pas trop mon délire...).

En parallèle, j'avais demandé à ce qu'on me réserve une place de 5/2 à Michelet.

Facteurs à prendre en compte

Mon expérience m'a montré qu'il y avait donc plusieurs facteurs à prendre en compte avant de cuber : si vous répondez HONNÊTEMENT oui à ces questions alors envisagez une 5/2 :

  1. Est-ce que je pense avoir de la marge de progression dans certaines matières ?
  2. Est-ce que cette marge de progression est honnêtement rattrapable en 1 an ? (exemple moi j'avais surtout des progrès à faire en maths et en chimie mais quand on a la physique ou autre matière principale à un peu moins travailler c'est bon signe)
  3. Est-ce que je sens que j'ai sous performé et que je n'ai pas eu de chance ? (sous performance : avoir des moins bons résultats que ce que l'on a eu pdt l'année et pas de chance : mauvaises notes en français et en anglais → si vous avez 15 alors que vous tournez habituellement à 8 pendant l'année, vous avez eu de la chance, ça ne sera probablement pas le cas l'année d'après, il faut ajouter ces points en moins aux malus)
  4. Est-ce que j'accepterais de refaire une année - sous entendu, est ce que j'en ai encore sous la pédale - est-ce que j'en ai envie : colles, DS, concours ?

Enjeux

Vous les connaissez : les malus, les aléas de la vie (maladie le jour J etc). Accepter de cuber c'est accepter d'abandonner l'école qu'on a, de repartir à zéro. On retourne en cours le 1er septembre sans rien, avec l'expérience comme seule trace des concours de l'année d'avant, pas d'école, pas d'ECTS. Il faut être conscient que l'on peut moins performer et ne sont pas rares les cubes qui ont autant voire moins bien que l'année d'avant, notamment s'ils se sont reposés sur leurs acquis.

2. L'été

Rétrospective sur mon été

J'ai compris assez vite que j'allais cuber, mais quand arrive l'été, aucune prépa ne veut bien de moi, seul mon professeur de physique m'avait dit qu'il allait probablement me reprendre : aucune vraie inscription administrative, juste des mots. Jusqu'au 16 août s'ensuit alors une période vraiment difficile où j'oscille entre lettres de motivation dans toutes les prépas environnantes (difficile d'avoir de la crédibilité quand on a un mauvais dossier, surtout en mathématiques, donc elles refusent souvent ma candidature). J'ai continué mes vacances sans travailler pour autant mais je n'ai jamais vraiment pu me reposer car j'étais en stress constant de savoir si j'allais être reprise ou non dans ma prépa.

Le 16 août, alors que tous mes copains cherchaient leurs appartements pour se loger près de leur nouvelle école, je reçois enfin un message de mon professeur de chimie qui me dit qu'il y a une place dispo pour moi. Je comprends quelques jours après que je serai la seule cube de la classe. Ça me convenait car ayant peur de la comparaison, je savais qu'il n'y aurait pas de compétition inter 5/2 et je savais que celle avec les 3/2 n'avait pas vraiment de sens.

Les deux dernières semaines de mon été ont été les deux seules vraiment reposantes et je n'ai absolument pas travaillé, je n'ai même pas lu les livres de français (pas la meilleure décision de ma vie, lisez les), c'est très déstabilisant quand on est habitué à travailler intensément pendant deux ans. Cela dit, sans cette vraie pause mentale et physique, la reprise aurait été compliquée pour moi.

Un repos primordial

Si vous cubez, je vous souhaite d'avoir une réponse le plus tôt possible des prépas et c'est pour ça que je conseille aux 3/2 qui cubent à cause des écrits de postuler le plus tôt possible dans toutes les prépas possibles aux alentours. L'important est de se délester d'une charge mentale, c'est-à-dire, avoir un back-up si votre prépa ne vous reprend pas. Ou alors si votre choix est de cuber ailleurs, avoir votre réponse le plus vite possible. Les professeurs vous conseilleront souvent d'attendre les résultats des oraux mais dans les faits, les prépas ont leur fermeture administrative aux alentours du 13 juillet donc si vous ne postulez pas avant cette date et bien vous aurez une réponse très tardive, ce n'est pas agréable d'être dans le flou.

L'important est de se reposer en été. Jusqu'au 1er septembre, il est important de ne rien faire à mes yeux. Tout le monde ne tiendra pas le même discours que moi et certains vous diront qu'ils avaient déjà commencé à planifier leur travail, qu'ils avaient déjà commencé les annales. Moi, j'ai dormi, je suis sortie, bref j'ai complètement lâché prise fin août. C'était nécessaire.

Le seul conseil que je donnerais à faire avant la rentrée serait de tout scanner, ses cours, ses TD, ses TP, ses corrigés. Ça vous prendra une journée ou deux, c'est long mais ça vaut vraiment le coup pour ne plus jamais avoir à transporter ses classeurs. L'organisation est la clé alors créez vous un drive, cela servira toute l'année et vous aurez tous vos poly accessibles via votre téléphone et votre ordi.

3. La rentrée

Situation personnelle

Comme je le disais plus tôt, j'étais la seule cube. Je ne connaissais que très peu de 3/2 donc la rentrée était déstabilisante. Je me suis rendue compte que mon équipe des deux ans n'était plus là et que j'étais la seule encore sur le bateau de la prépa. Les premiers jours sont un peu rudes.

Je me souviens avoir revu mon prof d'anglais : il me demande si ça va et moi, grande hypersensible que je suis, je commence à pleurer. Je ne savais pas si j'avais pris la bonne décision, on m'avait rapporté qu'au conseil de classe, certains professeurs étaient sceptiques quant à mon redoublement car ils pensaient que j'étais trop sensible, trop stressée. J'aurais préféré ne jamais le savoir mais soit, ma décision était prise et il était trop tard pour revenir en arrière : première leçon de 5/2 : vous êtes votre seul vrai supporter, vos profs peuvent vous soutenir ou non mais qu'importe, vous serez seul face à votre copie en avril.

Bilan honnête des faiblesses

Assez tôt dans l'année, et régulièrement, il faut faire un bilan honnête de ses faiblesses. Quel sujet voudrais-je vraiment éviter aux écrits ? Et dès la rentrée, il faut identifier ce qui a péché dans votre méthode de travail. Ne maitrisiez-vous pas votre cours ? Ne faisiez-vous pas assez d'exercices ? Votre but est de comprendre ce qui n'a pas marché pour ne pas refaire la même année. Vous ne souhaitez pas faire une seconde 3/2.

Remise en route de la machine

Les cours reprennent, les DM tombent et les DS arrivent. Si vous avez l'impression d'avoir oublié plein de trucs, c'est normal, servez-vous de votre bilan précédent pour vous réadapter. S'il est nécessaire de se reposer en août, il l'est tout autant de se remettre dans le bain en septembre. Mon professeur de physique m'avait d'ailleurs dit qu'il fallait se replonger réellement dans ses cours à chaque nouveau chapitre. C'est le cas, je ne conseille pas de commencer l'année en ne faisant que des annales, vous aurez le temps après. L'important est de comprendre ce que vous n'avez pas compris. Les premières semaines servent à prendre ses marques et aussi à socialiser avec les 3/2. Plus vous vous intégrerez dans la classe, plus vous vous sentirez soutenu, c'est bénéfique pour vous comme pour eux.

4. Spécificité dans chaque matière

Les maths

Ahhh, les maths...

Honnêtement, étant avant-dernière de la classe en 3/2, je ne savais vraiment pas comment j'allais m'en tirer cette année. Heureusement que j'avais déjà un an d'avance parce qu'il fallait non seulement que je comprenne mon programme de 3/2 mais aussi de PCSI.

Au début de l'année je passais du temps sur mes cours, beaucoup de temps dessus. Mais lors de mon bilan des faiblesses, j'avais compris qu'il me manquait surtout de la pratique. Donc, j'ai changé de méthode et j'ai décidé, sous les conseils des 5/2 précédents, de faire beaucoup d'exercices. À chaque DM, j'essayais d'en faire plus que demandé, avant chaque DS, je faisais des sujets. Et pendant les cours (je venais à tous les cours !), soit j'écoutais quand je savais qu'il fallait que j'approfondisse certains points théoriques, soit je faisais des exercices de TD. Mon professeur de mathématiques ne mettait jamais les corrigés de ses TD donc même si c'est très frustrant au début, je l'en remercie car cela m'a forcée à vraiment aller au bout des énoncés. Je lui rendais mes exercices et souvent, quand il voyait que j'avais cherché, il me donnait les corrigés. C'est, pour moi, le meilleur moyen de progresser. Et j'ai progressé.

La physique

Ayant presque exclusivement fait de la physique en 3/2 et ayant beaucoup négligé les autres matières, il fallait que je réduise mon investissement dans cette matière.

Attention, c'est une matière principale donc réduire mon investissement voulait dire passer de 60% de temps de travail en 3/2 à 40% en moyenne. Avec des variations fortes selon les semaines de DS (certaines semaines où j'avais DS de maths et colle de maths, je pouvais ne pas faire de physique mais pas l'inverse car je ne pouvais pas ne pas faire de maths pendant une semaine).

En physique, il faut connaître son cours et faire des exercices de TD. Il faut surtout identifier les méthodes classiques sur chaque chapitre. Typiquement, dans le chapitre « Sources de champ électromagnétique ; conduction électrique », l'exercice classique est de calculer un flux et de déterminer la résistance électrique équivalente...

Je pense que l'important en 5/2 est de s'assurer qu'on connaît son cours et pour ce faire, il faut se replonger vraiment dedans même si on croit qu'on le maîtrise : si vous avez cubé c'est parce que vous ne saviez pas faire, donc apprenez à faire.

J'ai parlé avec mon professeur qui m'a autorisée à ne pas assister à tous ses cours et quand je sentais que je dominais vraiment le chapitre, je restais chez moi et je faisais des exercices ou je révisais mon cours. C'était plus compliqué de le faire en classe car on a cours dans un amphi donc on est vite serrés sur notre petite table, je préférais rester chez moi.

La chimie

En 3/2, j'étais débordée et je n'avais pas le temps de faire beaucoup de chimie, erreur !

Avoir des bonnes notes en chimie c'est pas sorcier et très bénéfique dans un concours PC (Physique-Chimie pas Physique-Maths !! Même si parfois les coefficients pourraient nous faire croire le contraire...). Pour ce faire, la recette est la même, revoyez votre cours et faites des exercices. C'est la matière dans laquelle faire des sujets aide vraiment car ils balayent beaucoup de questions de cours surtout sur la partie travaux pratiques. Il est utile de faire des sujets en chimie car les questions sont classiques et reviennent. Un 5/2, même nul en chimie en 3/2 comme moi, peut vraiment progresser en y mettant du sien.

Le français

Là encore, une matière qui peut faire peur parce qu'on pense qu'elle est aléatoire. Je ne suis pas tout à fait d'accord, enfin cela dépend des concours. Au concours Centrale c'est vrai qu'il y a toujours des surprises et on observe souvent des performances inversées avec le haut de la classe qui se retrouve 10 points en dessous de ses notes habituelles et au contraire, des candidats qui se retrouvent avec 18 au lieu de 8. Bon, mis à part ce concours, les autres sont assez justes à mes yeux. Et même à Centrale, en maîtrisant son sujet et ses méthodes, on peut s'assurer une note correcte.

Il faut être honnête, lire les livres et s'en tenir au cours ne suffit pas. Il faut se construire des arguments, connaître des citations, des exemples. De même, une lecture passive est inutile. Je n'avais pas fini tous les livres mais je savais ce qu'ils racontaient et j'avais en tête des exemples précis que je pouvais réutiliser en dissertation.

Pour ce qui est du résumé, c'est un exercice difficile selon moi, il demande d'avoir un esprit de synthèse et il faut s'y entraîner si ce n'est pas un exercice naturel. Ma méthode est de décomposer le texte au brouillon, paragraphe par paragraphe et résumant (même avec un peu de paraphrase) au brouillon ce que chaque paragraphe dit. Une fois le texte lu et décortiqué, je n'y touche plus et je m'efforce à tout écrire d'une traite sur ma copie : le sens final du texte que vous rendez prime sur le contenu et les détails. Si vous parvenez à tout restituer mais que votre texte est illisible, alors vous gagnerez peu de points. Après, tout est question d'équilibre, il ne faut pas non plus trop simplifier le texte. On m'a souvent conseillé de résumer le texte paragraphe par paragraphe directement sur la copie ; à mes yeux c'est une fausse bonne idée, faites l'effort d'écrire votre résumé de manière à ce qu'il forme un ensemble organisé, pas comme un simple puzzle d'arguments.

5. Le TIPE

Ne paniquez pas

Je sais que la question du TIPE est angoissante en 5/2 car on doit tout refaire. Dans mon cas, j'avais vraiment eu une bonne note (17.8/20) en 3/2 et donc je me disais que j'avais eu un peu de chance d'être tombée sur un jury qui avait bien accroché à ma présentation : j'avais peur de faire moins bien.

L'angoisse peut venir du fait que vous allez devoir trouver un nouveau sujet et que les 3/2 auront eu deux ans pour travailler leur TIPE alors que vous n'en aurez eu qu'un. Soyez honnêtes avec vous-même : qui fait vraiment son TIPE en sup ? De plus, vous aurez conscience de toutes les échéances et du déroulé temporel de l'épreuve (le MCOT, le diapo, le DOT...). L'important cette année est d'essayer de ne pas vous laisser déborder.

J'ai choisi de travailler seule alors que l'année d'avant j'étais en binôme. Rétrospectivement, je suis contente de mon choix car je n'ai pas eu à gérer la séparation des sujets, le diapo qui ne doit pas être similaire à celui de mon binôme, etc. Par contre, ayant un père physicien, je savais aussi que j'avais quelqu'un qui pourrait m'aider sur la théorie, et c'est sur ce point qu'un travail en binôme peut être utile.

Choix du sujet

Ne vous lancez pas dans un sujet impossible. C'est inutile. L'important est de mettre en place une démarche scientifique qui a du sens. Il faut que vous vous posiez une question et que vous y répondiez. C'est un peu comme une dissertation : vous avez un sujet, un phénomène que vous voulez comprendre, de là découle une problématique à laquelle vous répondrez via un protocole et des interprétations.

Je vous conseille de choisir un sujet qui vous plaît réellement car vous allez devoir y passer un an et convaincre un jury de la pertinence de votre choix et de votre démarche. Je conseille d'ailleurs (conseil peut-être un peu risqué) de choisir un sujet qui vous plaît et de vous débrouiller pour que ça colle au thème de l'année ; tellement peu de points sont attribués à l'ancrage au thème qu'il vaut mieux être passionné par son sujet et le rallier au thème que l'inverse. L'idéal étant quand même de trouver un sujet passionnant en plein accord avec le thème mais bon on ne peut pas toujours tout avoir.

TIPE tétraconcours

Je n'ai pas passé les oraux des ENS donc je vais faire mon retour sur les deux ans de TIPE tétraconcours.

J'ai choisi deux sujets de physique et les deux ont payé. Je suis à l'aise à l'oral et je pense que cela a beaucoup joué dans ma notation finale. Faire un beau diaporama et faire comprendre au jury votre démarche est primordial. Il faut qu'ils voient où vous allez et comment vous vous y êtes pris. Dans l'idéal, il faut que votre présentation soit comprise par les deux membres (le neutre et le spécialiste) pour ce faire, je suis passée devant ma professeur de sup et quelques sup. J'ai compris que la manière dont je présentais mon projet était floue pour les sup donc j'ai adapté ma présentation pour le jour J, histoire que même un professeur de lettres comprenne à peu près ce que je raconte, pas tout, mais au moins ma démarche.

Il est pour moi important de vraiment s'approprier le sujet, reprendre un sujet des années précédentes est risqué car s'ils vous posent des questions, ils verront que vous n'aurez peut-être pas assez cherché par vous-même. Pour ce qui est des questions, j'ai eu beaucoup de chance en étant à Michelet car nos professeurs de physique et de chimie nous ont fait passer 3 fois chacun et nous ont posé beaucoup de questions. C'est utile pour ne pas se laisser déstabiliser même devant des examinateurs un peu aigris sous canicule.

6. Conseils généraux, bien vivre son année

Prise de recul sur l'enseignement — l'autonomie en 5/2

Alors qu'en 3/2 on est très guidé par nos professeurs, en 5/2 il faut savoir se détacher un peu des directives professorales. Je ne dis pas qu'il ne faut plus les écouter, loin de là, je dis juste qu'il ne faut pas se mettre autant la pression qu'en 3/2. Vos professeurs vous connaissent, allez leur parler, demandez-leur des stratégies.

Vos professeurs auront davantage confiance en vous, ils savent que si vous cubez c'est parce que vous êtes travailleur. Alors ne vous laissez pas trop affecter par les coups de pression qu'ils mettent à la classe (bon sauf s'ils citent explicitement votre nom !).

En cubant vous devez être plus autonome, vos professeurs ne font plus de vous une priorité ; normal, ils ont des 3/2 à former ! Alors, il faut prendre des initiatives, et cela a commencé le jour où vous avez fait votre bilan de faiblesses. Vous pouvez diversifier vos ressources ; beaucoup de sites d'autres prépas mettent à disposition leurs TD, leurs cours etc. Vous pouvez aussi utiliser des manuels mais ils sont un peu chers (quoique, cherchez sur Vinted, il y en a des vraiment moins chers !!).

L'autonomie veut aussi dire être capable de réviser tout ce qu'on veut à n'importe quel moment, alors j'insiste mais avoir ses cours scannés sur soi est un énorme gain de temps et de place car vous pouvez tout réviser où vous voulez.

Le marathon

On sait que deux ans de prépa sont longs, alors trois !!! Votre mission de l'année est de tenir. En hiver, vous pourriez - comme moi - tomber malade. Ce n'est pas grave, il faut être indulgent.

Lors du second semestre j'ai été pas mal absente car je sentais que j'allais craquer si je maintenais mon rythme. Je pense que ma maladie est liée à un manque de sommeil et une trop grande pression sur moi-même. Ma classe était remplie de 3/2 très forts alors quand on a un an de plus et que l'on se fait dépasser ce n'est pas agréable. On se met la pression, on a l'impression que l'on n'en fait pas assez, que l'on va échouer car les malus sont de plus en plus grands chaque année. Soufflez, vous êtes en révisions, ils sont en formation. Vous avez par essence une longueur d'avance.

Vous ne pouvez pas être le meilleur partout et encore heureux. Continuez de travailler régulièrement, détachez vous de vos notes et de vos classements, ce n'est pas parce qu'on est en 5/2 que l'on majore tout. Vous aurez votre heure de gloire mais plus tard. L'important est de se faire confiance. Le recul que vous avez sur votre cours est un atout majeur, vous avez eu le temps de digérer les notions et vous continuerez de progresser jusqu'aux écrits.

Révision des écrits

Le plus gros changement s'est fait ressentir lors des révisions des écrits. Ayant été assidue tout au long de l'année et ayant fait beaucoup de sujets pour préparer mes DS je ne savais pas comment m'y prendre en révision d'écrits. J'avais l'impression que je devais tout refaire comme les 3/2 mais en même temps que je connaissais déjà presque tout.

Je travaille beaucoup avec des plannings et des to do lists alors c'est ce que j'ai fait, j'ai écrit ce qu'il fallait à tout prix que je revois et j'ai réparti ces tâches sur les deux semaines de révisions. Là où tous les 3/2 commençaient les sujets, moi j'arrêtais les sujets (parce que j'en avais fait tout au long de l'année) et je me concentrais sur les points de cours et je m'assurais d'être calée dessus. Ce n'est qu'à la toute fin, après avoir fini de maîtriser mon cours, que j'ai repris un peu les sujets.

Faites-vous confiance, alternez de matière en matière, n'en négligez pas et servez-vous de votre bilan de faiblesses pour être sûr de ne pas faire l'impasse sur une notion qui vous pose problème.

Sortez, écoutez de la musique, des podcasts, voyez vos amis après vos journées de travail et couchez-vous tôt.

Prenez soin de vous

Finalement, une de mes grandes leçons de la 5/2 est que son corps n'est pas à mettre au second plan. Pour performer, il faut non seulement bouger, bien manger (et j'insiste sur ce point), mais également savoir se faire plaisir, se détendre, arrêter de culpabiliser quand on n'arrive pas à travailler.

Vous comprendrez tous les cours, vous deviendrez davantage acteurs de vos cours alors qu'en 3/2 on est souvent un peu largué, on se met en mode écoute passive et on revoit ça le soir. En 5/2 le but c'est de revoir le cours en cours, ce sont donc des journées intenses pour vous car c'est pendant les cours que votre cerveau est le plus mobilisé, vous arrêtez de copier le tableau sans réfléchir, vous pensez, anticipez et réfléchissez avec le prof. Donc pas étonnant qu'à 17h vous soyiez cramés et que vous n'ayiez pas la force de travailler jusqu'à 22h. Inutile de se sentir nul et de se blâmer, vous n'avez pas besoin de vous infliger ça. Alors rentrez, posez-vous, prenez votre goûter, votre douche. Prenez du temps pour vous. Remettez-vous à travailler quand vous êtes reposés et couchez-vous tôt.

Certains soirs, il m'était impossible de travailler, pas grave, je lâchais du lest, j'appelais mes amis, ma famille, je regardais un film. Vous savez que vous aurez le temps de revoir ça dans les jours qui viennent, il faut accepter de ne pas être au top tout le temps, vous êtes votre seul vrai allié, vous êtes le seul qui pouvez croire en vous, alors cessez de vous culpabiliser.

L'important est de ne pas se tromper d'objectif : votre but, les concours. Pas autre chose, pas de performance inutile devant les 3/2 et les profs, comprenez simplement que vous êtes lancés pour 3 ans dans un marathon et que les 3/2 auront beaucoup moins de fatigue accumulée que vous alors croyez en vous, travaillez, mangez et dormez.

7. Témoignages — changer de prépa ou rester dans la sienne ?

Mon avis

Je n'ai pas changé de prépa et la raison principale c'est que je n'ai pas été prise ailleurs car je m'y suis prise trop tard et que les classes étaient toutes complètes. Rétrospectivement, je pense que c'était la meilleure chose qui puisse m'arriver car j'avais des lacunes et j'avais besoin de consolider ce que je n'avais pas compris, alors changer de profs m'aurait probablement perturbée car je n'aurais pas pu revoir mes cours mais j'aurais dû en découvrir de nouveaux. Selon moi, les élèves qui doivent changer de prépa sont ceux qui sont solides sur leur cours mais doivent intégrer une classe de plus haut niveau pour aller chercher de la compétition et se confronter à plus fort qu'eux. Dans mon cas, j'avais encore trop de choses à consolider et rester dans le même environnement m'a aidée car les professeurs me connaissaient et en chimie par exemple mon professeur ajoutait des questions « spéciales 5/2 » dans les DS, ciblées sur mes difficultés.

Cependant, tout le monde n'a pas le même point de vue que moi sur la situation et je vous invite à lire les témoignages de Naël, Maëlys et Quentin !

Naël (3/2 PC* à Michelet et 5/2 PC* à Charlemagne)

« J'ai pas eu le choix de changer de prépa (smiley qui rigole). Nan en vrai d'un point de vue logistique j'ai eu la chance d'aller dans une prépa à 10 min de chez moi et je pense que ça a eu son importance dans ma gestion du temps et de la fatigue. Avec le recul je suis content d'avoir changé parce que le fait d'avoir d'autres profs et des nouveaux cours et TD m'a permis de ne pas trop avoir ce sentiment de tout refaire et donc d'être dégoûté par la répétition. C'était même profitable puisque mes profs de 3/2 et 5/2 n'insistaient pas forcément sur les mêmes chapitres et parfois les démos ou explications différentes de mes profs de 5/2 m'ont permis de clarifier certains points du programme. Pour ce qui est du travail, en physique j'étais en autonomie complète, j'utilisais les cours et TD de M. Robin (prof de 3/2) (à la maison comme en cours). Les maths j'ai préféré les cours de ma prof de 5/2 du coup je suivais tous les cours. Pour les autres matières je faisais un peu des deux, quand je savais qu'un chapitre me posait problème je suivais en cours sinon je faisais un max d'exos. »

Maëlys (3/2 PC* à Michelet et 5/2 PC* à Lakanal)

« Quand j'ai parlé de faire 5/2 aux professeurs ils m'ont vite fait comprendre que je n'allais pas pouvoir rester à Michelet. Mais au final ça a été une bonne chose, j'avais envie de changer complètement de cadre et de professeurs. C'est un peu bête mais comme je n'excellais pas en 3/2 j'avais peur que l'étiquette de « l'élève pas brillante mais qui essaie » me colle à la peau en 5/2 et finisse par me décourager. Je voulais repartir de zéro, sans que les profs n'aient d'idées préconçues sur mon niveau qui influenceraient ce qu'ils attendaient de moi. Au final changer de prépa, me confronter à d'autres professeurs et à d'autres attentes m'a permis d'avoir une meilleure idée de mon niveau et de gagner en confiance en moi et en mon intuition.

Je pense que changer de lycée peut être très bénéfique selon les profils. Je dirais qu'un élève « mauvais » à moyen, avec quelques lacunes à combler peut énormément gagner à découvrir les notions depuis une nouvelle perspective, avec un nouveau cours, de nouvelles explications et d'autres pédagogies. En revanche, je pense que pour un élève qui a déjà un niveau solide, ça peut être intéressant de rester dans le même lycée. Mais le plus important reste d'être dans un lycée où la logistique des trajets et des repas n'est pas trop compliquée. Personnellement, le hasard a fait que les cours et pédagogies des professeurs de Lakanal était très complémentaires de celles de Michelet. Toute l'année j'ai fait des allers-retours entre mes cours de 3/2 et de 5/2 et j'ai fait beaucoup plus d'exercices qu'en 3/2, ça m'a permis d'énormément progresser en connaissances, en rapidité et en confiance en moi (ce qui n'est vraiment pas à négliger). Le manque d'exercices est vraiment ce qui m'a pénalisée en 3/2 : je prenais trop de temps à apprendre mes cours, et même lorsque je le connaissais bien j'avais du mal à ressortir le bon théorème, la bonne formule, une fois confrontée à un exercice concret. En 5/2 je prenais quand même le temps de reprendre les cours mais j'enchaînais rapidement sur de l'entraînement concret. Je me suis inscrite sur doc solus et ça m'a été bénéfique. Par contre ne prenez que les corrigés de votre spé, c'est largement suffisant, vous pouvez même partager votre compte avec quelqu'un d'autre sans que ce soit trop dérangeant je pense.

La prépa rend humble, les facilités qu'on avait tous plus ou moins au lycée ne suffisent plus et il faut adopter de meilleures méthodes de travail. C'est d'autant plus le cas en 5/2, si vous avez du mal à vous remettre en questions et que vous partez du principe qu'en 5/2 vous aurez « forcément mieux qu'en 3/2 », vous allez inévitablement passer une très mauvaise année. Dans ma classe de 49 élèves, on était 18 5/2 (c'était inattendu, les profs pensaient que beaucoup se désisteraient pendant l'été) et il y a eu malheureusement quelques déceptions. Les malus de 5/2 peuvent faire très mal, et avec les aléas des concours et des oraux, les chapitres sur lesquels on tombent étant plus ou moins avantageux, certains très bons 5/2 de ma classe ont eu aussi bien que leurs résultats de 3/2 voire moins bien. C'est une possibilité à réellement prendre en considération, ça relève pas de l'anomalie ou du hasard, c'est la réalité de beaucoup de 5/2 tous les ans, il faut y être préparé. Je conseillerais de faire une grosse introspection pendant l'été pour remettre en question vos méthodes de travail et votre état d'esprit. Est-ce vous faites 5/2 juste pour tenter d'avoir une école mieux classée ou est-ce que vous avez un vrai projet ? Je ne dis pas d'avoir une idée toute tracée de votre carrière, mais avoir une idée RÉALISTE des écoles auxquelles vous pourriez prétendre, et pas juste un objectif flou du top 5 ou du top 10, ça aide à rester motivé pendant l'année qui est (très) longue. La mentalité « l'X ou rien » est néfaste et irréaliste et conduit dans la grande majorité des cas à des déceptions : toutes les écoles ont quelque chose à offrir et permettent de s'épanouir. »

Quentin (3/2 MP à Michelet et 5/2 MP à Michelet)

« Pour moi la 5/2 a été très bénéfique parce qu'elle m'a permis d'avoir des meilleurs résultats que l'année dernière. Mais pour ça il ne faut pas se laisser avoir en se disant qu'on a déjà fait le programme donc osef pas besoin de taffer. J'ai pas mal bossé cette année. Avant ça j'ai quand même pris une grosse pause cet été et surtout j'ai réfléchi à ce qui m'avait empêché de réussir. Sur le fond en reprenant les DS et en regardant les chapitres sur lesquels j'avais été mauvais pour pouvoir me concentrer pleinement en cours quand le chapitre était étudié. J'ai aussi travaillé sur la forme en regardant ce qui n'avait pas marché dans mes méthodes : pour moi c'était par exemple la connaissance du cours globale (j'ai notamment beaucoup bossé sur Anki c'est super si on a les fiches, je prenais 1h de cours ou moins à revoir mes fiches), j'ai aussi essayé de plus me reposer parce que la fatigue m'a beaucoup pénalisé.

En ce qui concerne le fait de rester et bouger je pense que ça dépend de plusieurs facteurs. J'avais demandé d'autres prépas entre la 3/2 et la 5/2 mais j'en n'ai eu aucune en étoile. Je voulais bouger pour essayer de voir de nouvelles méthodes pour réfléchir et de nouvelles astuces. Je suis quand même content d'être resté à Michelet parce que j'y avais un cadre solide, je connaissais le prof de Maths qui est vraiment très bon. Après (à Michelet en MP) ce ne sont pas des profs qui préparent à l'X ou aux ENS donc ça peut paraître très limitant pour certains moi je n'aspirais pas à ces écoles donc ça me gênait pas.

Je garde un souvenir quand même très positif de la 5/2 c'est pas aussi horrible que certains peuvent le dire. Ça passe encore plus vite que la 3/2 si on bosse. Il faut juste se trouver un groupe d'amis (3/2 ou 5/2) avec qui on s'entend bien sinon ça peut vite devenir compliqué sachant que même avec ça le moral fluctue quand même. Et enfin il faut pas oublier de se reposer et s'aérer l'esprit (revoir ceux qui ont intégré est un super moyen de faire une petite pause, même si leurs histoires d'écoles donnent vraiment envie). »

Conclusion

Ce qui m'a marquée pendant cette année c'est de comprendre l'investissement des professeurs dans notre réussite, surtout en tant que 5/2. La 5/2 n'est pas une année reposante, il faut travailler et s'investir dedans. Mais c'est une année enrichissante où l'on s'approprie mieux ses cours, où l'on parle davantage avec les professeurs et durant laquelle on apprend à se faire confiance.

Si vous faites le choix de cuber, faites-le en connaissant les risques, soyez honnêtes avec vous-mêmes, identifiez vos faiblesses et fixez-vous des objectifs atteignables. Aujourd'hui je ne regrette pas du tout mon choix : c'est une aventure humaine avant tout et une super formation, exigeante mais instructive.

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Bon courage !